« Le trauma n’est pas ce qui nous arrive, mais ce qui se produit en nous à la suite de ce qui nous est arrivé. »
— Gabor Maté
On parle souvent du trauma et du deuil comme de deux expériences différentes :
l’une liée au danger, l’autre à la perte.
Pourtant, elles sont intimement liées.
Toutes deux marquent une rupture, un basculement : un avant et un après.
Toutes deux se logent dans le corps, dans le souffle, et dans la mémoire de ce qui a été bouleversé.
Le trauma : une blessure, pas un événement
Comme l’explique Gabor Maté, le trauma n’est pas l’événement en soi.
C’est la blessure intérieure laissée par ce qui a dépassé notre capacité à rester présent.
Quand quelque chose nous submerge, le corps se referme : il se contracte, se coupe du ressenti, et crée une distance intérieure pour survivre.
Même une fois l’événement passé, cette blessure continue de se manifester :
dans notre tension, nos peurs, nos relations, notre difficulté à faire confiance à la vie.
C’est une trace silencieuse qui maintient l’alarme allumée, longtemps après le danger.
C’est à cet endroit précis que le trauma rejoint le deuil : dans la fracture du temps, là où une vie s’est divisée en avant et après.
Le deuil : l’espace de l’après
Si le trauma est la blessure, le deuil est le paysage qui suit.
C’est la traversée qui permet à la vie de reprendre forme après la rupture.
Le deuil n’est pas uniquement lié à la mort : il se manifeste chaque fois qu’une perte change profondément notre monde.
Quand quelque chose s’effondre, le deuil vient redonner mouvement et sens à ce qui reste.
Il est le processus naturel par lequel la vie tente de réintégrer ce que le trauma a figé.
Là où le trauma ferme, le deuil ouvre.
Là où le trauma engourdit, le deuil adoucit.
Là où le trauma isole, le deuil relie.
Comment trauma et deuil s’entrelacent
Après un choc, notre système nerveux résiste souvent à la vulnérabilité qu’exige le deuil.
On se protège : on reste dans le contrôle, la vigilance, la rationalisation.
Mais tant que la peine ne peut pas circuler, la blessure reste enfermée.
C’est pourquoi beaucoup de personnes se sentent « bloquées » après une perte.
Le mental comprend, mais le corps, lui, n’a pas encore intégré.
Le travail thérapeutique consiste à faire dialoguer ces deux plans : la tête et le cœur, le mot et le souffle.
Mon rôle : accompagner le passage de la blessure vers la vie
En tant que Thanadoula et Thérapeute de la Vivance, j’accompagne ce passage délicat — celui où le trauma et le deuil se rencontrent.
Mon rôle n’est pas d’effacer la blessure, mais d’aider à l’habiter en sécurité, pour qu’elle puisse se transformer.
Concrètement, cela signifie :
- Rétablir un sentiment de sécurité dans le corps, grâce à la respiration, à l’ancrage et à la présence.
- Donner une voix à ce qui n’a jamais pu être dit ni ressenti au moment du choc.
- Créer des rituels symboliques et corporels pour reconnaître ce qui s’est terminé et accueillir ce qui continue.
- Explorer la dimension transgénérationnelle : les traumas hérités, les deuils gelés, les non-dits familiaux.
- Retisser le lien entre le corps, le cœur et le vivant.
Guérir ne consiste pas à redevenir celle ou celui qu’on était avant.
C’est apprendre à vivre pleinement avec tout ce qui nous a traversé — même la douleur.
De la survie à la Vivance
Lorsque l’énergie du trauma commence à circuler à nouveau grâce au mouvement du deuil, quelque chose change profondément :
la vie recommence à respirer.
C’est cela, la Vivance : ce moment où la présence remplace la vigilance, où le corps s’assouplit, où la blessure devient passage.
Ce n’est pas oublier ; c’est réinvestir la vie avec tout ce qu’elle contient.
On ne choisit pas ce qui nous est arrivé,
mais on peut choisir d’en faire un espace de transformation plutôt qu’une prison.
Si ces mots résonnent
Je propose des accompagnements individuels et des parcours plus longs mêlant travail symbolique et corporel, accompagnement du deuil, et exploration transgénérationnelle.
Ensemble, nous créons un espace sûr pour traverser la douleur et retrouver le mouvement du vivant.